Pour l'abolition de la peine capitale

Pour l'abolition de la peine capitale

Pas moins de 300 condamnations à mort ont été prononcées depuis 2008 en Algérie. Alors que la peine capitale est de plus en plus, dans le monde assimilée à la torture.

La peine de mort est un châtiment corporel, un supplice, elle est la négation absolue de la dignité et de la valeur de l’être humain, il est essentiel que toute personne accusée d’un crime soit traduite en justice et punie quand elle est reconnue coupable à l’issue d’un procès équitable.

Le caractère définitif et cruel de la peine capitale la rend incompatible avec le respect du droit à la vie et en fait une réponse inadaptée et inacceptable aux crimes violents. Par ailleurs, le risque d’erreur judiciaire existe toujours, alors que la peine de mort est un châtiment aux conséquences irréversibles.

C’est un châtiment inhumain fréquemment appliqué aux classes les plus pauvres.

Et si l’Algérie veut être de son temps, elle doit abolir la peine capitale et introduire dans sa législation le crime contre l’humanité et son prolongement naturel qui est l’adhésion à la cour pénale internationale.

La question qu’il faut se poser est : l’Algérie d’une part a présenté un moratoire que depuis 1993 aucune peine n’a été exécutée et d’autre part, on continue à prononcer des peines de mort dans tous les tribunaux criminels du pays. C’est de la torture morale pour le condamné et pour sa famille.

De ce fait l’Algérie est la plus proche dans l’espace arabo-musulman pour abolir cette peine. Avec l’observatoire d’un gel moratoire des exécutions capitales depuis 1993 ainsi que le soutien, pour la deuxième reprise de la résolution de l’ONU appelant à un moratoire sur la peine de mort.

La question sur la peine de mort soulève à la fois des problèmes éthiques, philosophiques, politiques et religieux.

On peut relever que sur de nombreux sujets, les docteurs de la foi, les plus éclairés ont initié depuis longtemps l’exploration des dogmes et des rites par la voie de l’interprétation. Il n’existe aucun argument ni moral ni religieux, ni humain pour son maintien. C’est un assassinat qui s’appuie sur la loi.

Pas moins de 300 condamnations à mort prononcées en Algérie en 2008. Les derniers à être exécutés sont les sept terroristes qui ont mené une attaque contre l’aéroport d’Alger.

L’ONG Amnesty international a classé notre pays à la 51eme place des pays qui prononcent encore des peines de mort.

L’Algérie en 2004 était le seul pays arabe à voter pour la résolution de l’ONU demandant un moratoire sur l’application de la peine de mort, elle doit ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques.

La réconciliation nationale chère à Bouteflika : "Si ceux qui ont massacré, tué et violé n’ont pas été condamnés à la peine capitale, qui donc le sera ?"

Fatiha Rahmouni

Plus d'articles de : Opinion

Commentaires (0) | Réagir ?